Immigration :
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| Salaire horaire équivalent aux aides sociales (en $, 1995) |
Solde migratoire interne (% de différence, 1990-1999) |
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|---|---|---|
| Les 5 États à plus fortes aides sociales | ||
| Hawaii | 17.50 | - 9 |
| Alaska | 15.48 | - 4 |
| Massachusetts | 14.66 | - 4 |
| Connecticut | 14.23 | - 7 |
| Washington D.C. | 13.99 | - 4 |
| Les 5 États à plus basses aides sociales | ||
| Arizona | 6.78 | +16 |
| Tennessee | 6.59 | + 7 |
| Arkansas | 6.35 | + 5 |
| Alabama | 6.25 | + 3 |
| Mississippi | 5.53 | + 2 |
| Source: | Cato Institute | Bureau du Recensement |
Il y a d'autres formes de Sécurité Sociale qui contribuent aussi puissamment à l'émigration. Celles destinées aux tyrans et aux compagnies.
Le contribuable américain a été contraint de fournir une protection sociale à une cohorte absolument sordide de brigands depuis des décades : depuis Duvalier, Mobutu, Marcos jusqu'à Pahlavi, Noriega, Suharto et même Saddam Hussein qui reçut 4 milliards de dollars.
Le Centre pour l'Information sur la Défense [4] nous apprend que les USA vendent des armes aux élites politiques dans 150 États-Nations, dont les 4/5 ne sont pas des démocraties. Les deux tiers d'entre eux sont notés au Ministère des Affaires Etrangères US comme ayant des gouvernements enfreignant les Droits de l'Homme.
Depuis la fin de la Guerre Froide et le début des guerres de la drogue, la part des USA dans le marché des armes est montée à 70% [5], et la plupart de ces armes sont payées, directement ou indirectement, par le contribuable américain. Ceci a certainement contribué à la multiplication par dix des réfugiés pendant les récentes décennies.
Une autre forme de Sécurité Sociale entraîne directement l'immigration. C'est l'aide sociale accordée aux sociétés connue sous le nom de « Protectionnisme ». A cause des barrières commerciales, on interdit aux consommateurs américains, japonais et européens d'acheter des produits que des travailleurs et des entrepreneurs étrangers veulent produire.
Des centaines de milliards de dollars ainsi gagnés pourraient apporter la prospérité à tous ces gens dans leur patrie. Mais ces recettes sont bloquées par le protectionnisme-sécurité-sociale.
C'est particulièrement le cas en agriculture et dans l'industrie textile qui sont des secteurs bien adaptés au développement du Tiers-Monde, mais où celui-ci se heurte à des barrières commerciales extrêmement élevées. Le magazine « The Economist » rendant compte du niveau des barrières commerciales dans le seul secteur agricole, écrit : « si les pays riches supprimaient les subventions..... les pays pauvres recevraient plus de trois fois le montant des aides au développement qui leur est donné chaque année. » [6]
Les immigrants sont moins attirés hors de leur patrie par la perspective d'avantages sociaux généreux, qu'ils ne sont poussés loin de chez eux par l'aide aux tyrans et aux grosses sociétés. Les contribuables dans les États-Nations riches sont-ils prêts à accepter cette responsabilité ?
Quand les gens pensent à l'ouverture des frontières, ils imaginent des foules de gens dans leur salle à manger ou leur jardin. Dans des moments de crise, cela peut effectivement arriver.
Une des participantes à notre congrès a vécu cette situation dans les années récentes. Kozeta Cuadari, Albanaise, a accueilli des douzaines de réfugiés chez elle, les nourrissant et les soignant à ses frais pendant la guerre du Kosovo.
Pour moi, Kozeta est une grande héroïne humanitaire. Et je trouve qu'il y a eu une piquante ironie dans le fait qu'un fonctionnaire, retranché dans son petit bureau, a eu l'autorité de refuser son visa d'entrée en France, nécessaire à sa participation à notre congrès.
Je crois que la plupart d'entre nous, ainsi que des millions d'autres personnes agissant indépendamment, ou à travers des églises, des organisations charitables ou philanthropiques, sommes prêts à nous dépenser en cas de crise. Et nous sommes d'autant plus prêts à le faire que nous sommes proches des gens en difficulté. Mais les gouvernements s'emploient à nous masquer ces détresses, gardant ces réfugiés loin de nous, hors de vue, là où leurs souffrances sont invisibles.
Bien, parfait , voilà pour les temps de crise ! Mais que faire des immigrants en dehors de ces périodes ? Où va-t-on les fourrer ? Dans quel espace ?
On connaît Hong-Kong comme l'un des endroits les plus bondés à la surface de la terre avec 17.500 habitants par mile carré (6800 hab/km2). Cependant, peu de gens sont conscients que la densité humaine et les conditions de vie qui lui sont liées, le sont parce que 40% des terrains sont réservés par le gouvernement aux parcs publics, où les gens n'ont pas le droit d'habiter !
Même chose à Hawaï. Il n'y a pas de pénurie de terrain, mais il y a un manque d'autorisation d'usage par les politiques. Dans tout l'Archipel hawaïen, seuls 4% des terres peuvent être utilisés pour un usage de commerce ou d'habitation par décision du gouvernement. Il y aurait plein d'espace pour accueillir des nouveaux-venus sur ces petites îles du Pacifique si seulement il voulait bien ne pas s'en mêler.
En fait, si les citoyens d'Hawaï étaient d'accord pour accepter une densité d'un tiers de celle d'Hong Kong, tous les réfugiés du monde existant actuellement pourraient vivre sur l'Archipel hawaïen, même en réservant 40% des terres comme parcs publics. Si ces gens étaient autorisés à cultiver les zones des ex-plantations de sucre qui furent abandonnées parce que les sociétés américaines n'étaient pas compétitives, il ne fait aucun doute que les actifs nouveaux-venus chinois, vietnamiens et philippins apporteraient l'abondance à ces terres sans un sou de subvention gouvernementale.
Hong Kong appartient désormais à la République Populaire de Chine, et est encore classé comme l'économie la plus libre du monde. Ainsi, Hong Kong, ville passionnante et vibrante, continue à se développer.
Mais les Américains préfèrent-ils les grands espaces aux villes ? Ont-ils besoin de panoramas agrestes et de grands espaces entre eux et leurs semblables ? Pour certains, oui. Les deux modes de vie existent de plus en plus.
En gros, les Américains, comme la plupart des gens dans le monde, préfèrent vivre et travailler dans les villes ou les banlieues. C'est là où se passent les choses. Ceci explique pourquoi, dans la décennie 1990, la population de l'État de New-York a diminué alors que celle de la métropole de New York augmente. De même, la population autochtone de l'État de Californie a diminué alors que celle de Los Angeles augmentait. En conséquence, l'espace est de plus en plus grand à la campagne alors que l'activité s'accroît dans les villes surpeuplées.
Quand il y a des problèmes dans ces villes, ce n'est pas à cause de l'importance de la population, mais c'est parce que les gouvernements ont failli en ne fournissant pas les services élémentaires que les politiciens ont promis. Un marché libre peut régler ce type de problèmes là où les gouvernements échouent.
Comme peuvent l'affirmer tous ceux qui ont survolé les États-Unis, la population est très concentrée dans certaines régions. On peut voler pendant des heures au-dessus de vastes étendues qui sont pratiquement inhabitées. Or, les régions les plus désolées deviennent accueillantes quand la loi autorise leur libre usage.
Par exemple, la destination touristique N° 1 des voyages de résidents hawaïens est le désert du Nevada, mais pas pour les grands espaces ouverts: pour les casinos bondés de Las Vegas, là où le jeu est autorisé. La légalisation des jeux de hasard a fait de cette région l'une de celles qui se développent le plus vite dans notre pays.
Le sol des USA, dont 30% appartient à l'État Fédéral, pourrait recevoir au total dix fois la population actuelle, tout en ayant une moindre densité démographique que le Japon. Et si l'on permettait ne serait-ce qu'à 1% de ce total d'entrer aux U.S.A., notre pays pourrait accueillir l'ensemble des réfugiés du monde, en y incluant tous ceux qui ont fui à travers les frontières internationales, mais aussi ceux qui ont été déplacés à l'intérieur de leur pays pour cause de guerres civiles.
Mais quelqu'un les inviterait-il ?
L'argument « sur invitation seulement » contre l'immigration concerne les droits de propriété. On suggère ici que les immigrants sont des intrus qui violent les droits de propriété des autres. Comment ?
En effet, de la même manière que le propriétaire privé a le droit d'inviter ou d'exclure quelqu'un, on prétend que la propriété gouvernementale doit être gérée de la même manière, comme si elle appartenait aux fonctionnaires agissant pour le compte de citoyens.
Les libéraux peuvent être enclins à écarter d'un revers de main cette notion collectiviste, en disant que la propriété gouvernementale à vocation à être privatisée ou concédée. Mais on dira que cela n'est pas réaliste.
La propriété gouvernementale ne sera pas privatisée dans un proche avenir, nous dit-on, aussi soyons « réaliste » dans la gestion des infrastructures et des services fournis par le gouvernement, de manière à ce que les immigrants ne soient pas un fardeau pour les contribuables.
La conclusion de ce type d'argumentation est que les immigrants ne doivent pas être autorisés à passer la frontière d'un État-Nation à moins d'y être personnellement invités par un citoyen qui accepte de prendre l'entière responsabilité des coûts additionnels en services gouvernementaux et en infrastructure. Ainsi, même si le citoyen-hôte ne souhaite nullement que ce soit le gouvernement qui fournisse des choses telles que Sécurité Sociale, autoroutes, trottoirs, bibliothèques, écoles, parcs, lancements de fusées, subventions agricoles et police des frontières, il est quand même obligé de garantir les paiements à la place des nouveaux-venus.
Mon opinion a toujours été que les limites du pouvoir du gouvernement pourraient être déterminées de la meilleure manière par mes droits en tant qu'individu. Ainsi, si j'ai le droit de faire quelque chose, j'ai alors le droit de demander à quelqu'un du gouvernement de le faire à ma place. Mais si je n'ai pas le droit de faire quelque chose, alors je n'ai pas le droit de demander à un fonctionnaire de le faire pour moi.
En conséquence, si je n'ai pas le droit d'interdire à un immigrant de poser le pied sur un trottoir public, je n'ai nullement le droit de demander au gouvernement de faire ce sale travail à ma place. Comment se fait-il alors, que les partisans du « sur invitation uniquement » s'autorisent à demander aux fonctionnaires du gouvernement de faire quelque chose qu'ils n'ont pas le droit de faire eux-mêmes ?
Alors qu'on peut considérer comme « réaliste » d'accepter le niveau actuel de services gouvernementaux et d'infrastructures, ce n'est pas très libéral que de concevoir des moyens pour aider le gouvernement à maintenir et à étendre ces services et ces infrastructures. Et il est certainement irréaliste de déterminer la dette individuelle d'un immigrant pour tous ces projets gouvernementaux, qu'ils soient des « avantages publics » ou bien des « désavantages publics ».
Il est intéressant de remarquer que cette dette individuelle vis-à-vis du gouvernement n'a jamais été appliquée jusqu'ici aux touristes, hommes d'affaires, et universitaires qui se déplacent à des congrès ! On suppose que les touristes, les hommes d'affaires et les universitaires apporteront de la richesse avec eux. On ne le suppose pas quand il s'agit d'immigrants.
Si nous voulons être cohérents envers tous les nouveaux-arrivants, serait-il « réaliste » d'imposer aux touristes, aux hommes d'affaires, aux universitaires les mêmes contraintes ? Imaginer que l'on demande aux Hotels Hilton ou à Disneyland de signer des papiers garantissant leur responsabilité complète pour les services gouvernementaux et les infrastructures qui seraient utilisés par chacun de ces millions de touristes.
Imaginez que l'on demande à Microsoft de signer une telle garantie pour tout client invité à négocier ou acheter des logiciels. Ou bien que le Cercle Frédéric Bastiat ait à signer des garanties pour chaque universitaire invité à ce congrès. Est-ce que c'est être « réaliste » ou bien faire de l'obstruction à la libre circulation des personnes ?
Hans-Hermann Hoppe, lui-même immigré en Amérique, et d'autres qui soutiennent l'idée de l'immigration «sur invitation seulement » disent que ceux qui invitent des immigrants doivent assumer toute la responsabilité des nouveaux-venus, comme les parents sont tenus pour responsables de leurs enfants.
Comme les parents sont tenus pour responsables de leurs enfants ?
Quel pays traite les enfants sur la base du « sur invitation seulement » ? Quel pays exige des parents qu'ils signent un document de garantie avant d'être autorisés à avoir un enfant ? Quel pays exige des parents qu'ils signent un papier les obligeant à rembourser entièrement pendant une période de dix ou vingt ans le coût intégral des délits, de la sécurité sociale, des autoroutes, des trottoirs, des bibliothèques, des écoles, des parcs, des lancements de fusées, des subventions agricoles et de la police des frontières ?
Et que se passe-t-il si les parents ne signent pas ? Que fera l'État si un enfant naît sans papier signé ? Le réexpédier ? Que va faire l'État si les parents ne paient pas le gouvernement parce qu'ils ne veulent pas des services proposés ou qu'ils ne peuvent pas se payer les infra-structures ? Si les parents ne payent pas, les enfants seront-ils renvoyés là d'où ils viennent ?
C'est une idée séduisante de faire assumer aux parents la responsabilité des enfants qu'ils mettent au monde, mais assurément, ce système de responsabilité imposée est beaucoup, beaucoup plus éloigné de la réalité que les idées libérales de suppression de la sécurité sociale et de la privatisation de la propriété de l'État [7].
D'autres manifestations de cette théorie « sur invitation seulement » suggèrent que les nouveaux-venus ne peuvent devenir des citoyens vrais et responsables qu'en étant propriétaires d'un bien immobilier, d'un morceau de terre. De cette manière, dit-on, les nouveaux-venus auraient leur part dans la politique de la nation. Mais ceci entraîne des complications.
Suivant ce système, la majorité actuelle des Américains, sans terre, perdrait leur citoyenneté, ou bien ceci ne s'appliquerait-il qu'aux nouveaux-venus ? Combien de terre serait nécessaire ? Qui le décidera ? Quelques centimètres carrés seront-ils suffisants ?
Si c'est le cas, mes vingt acres dans le Montana pourraient faire de 120 millions de nouveaux-venus de plus grands propriétaires terriens que la plupart des citoyens américains. Je parie que ceci serait une alternative attrayante pour ces gens qui préfèreraient payer 500$ pour un billet d'avion plutôt que de payer 60 000$ pour passer clandestinement au-delà de l'océan dans des containers suffocants. Je les inviterais volontiers et leur vendrais de même ! !
Et que se passerait-il si un citoyen vendait toute sa terre à un nouveau-venu. Le vendeur abandonnerait-il sa citoyenneté ? Devrait-il être question de l'expulser ? Cela voudrait-il dire que quiconque fait faillite ne serait plus la bienvenue et n'aurait plus de droit dans l'État-Nation ?
Non, ce type d'argument oublie le point essentiel, le point libéral. Les immigrés ont les mêmes droits que tous les autres êtres humains. Ils ont le droit de vivre leur vie de la manière qu'ils choisissent du moment qu'ils respectent ces mêmes droits chez les autres. Le simple fait de marcher sur un trottoir public ne constitue pas une agression contre le droit des autres, surtout si c'est une marche vers la liberté.
Ecartez les justifications légales des barrières à l'immigration et, sans aucun doute, des milliers d'employeurs américains offriraient des contrats d'embauche à des millions de travailleurs immigrés. La batterie actuelle de lois qui rend illégal l'embauche d'immigrés en est une preuve suffisante.
Chacune de ces lois est une violation du droit de tout citoyen d'embaucher les travailleurs les meilleurs et les plus productifs. Réfléchissez aux propos de Robert W. Tracinski, un important contributeur a l'Ayn Rand Institute.
« Le principe irrationnel qui est derrière les lois d'immigration de notre nation est qu'un Américain né dans le pays a un « droit » pour un travail particulier, non parce qu'il l'a mérité, mais parce qu'il est né ici. À ce droit, la loi sacrifie le droit de l'employeur d'embaucher les meilleurs employés -- et le droit de l'immigré d'obtenir le travail qu'il mérite. Pour le dire succinctement, l'initiative et la productivité sont sacrifiées à la paresse et l'inertie.
Le rêve américain, c'est essentiellement la liberté de chaque individu de progresser aussi loin que ses qualités le lui permettent. Les opposants à l'immigration, au contraire, veulent répudier cette vision en transformant l'Amérique en une chasse gardée pour ceux qui veulent que la loi réserve des emplois pour eux, des emplois qu'ils ne peuvent gagner loyalement par leurs propres efforts.... Tout immigrant qui veut venir en Amérique pour y trouver une vie meilleure devrait avoir le droit d'entrer, et tout employeur qui veut l'embaucher devrait avoir le droit de le faire. »
C'est un fait que, dans l'histoire des USA, mis à part quelques exceptions horribles, des invitations ont toujours été offertes aux immigrants par des gens qui étaient désireux de les employer. Parmi les exceptions on trouve les Indiens américains qui n'ont pas précisément invité les conquérants européens. Il y a eu aussi les millions de Noirs africains qui résistèrent aux marchands d'esclaves européens et américains.
Mais pour l'essentiel de l'histoire américaine, les gens étaient la bienvenue parce qu'ils offraient une main d'oeuvre non disponible dans ce pays en développement. Le travail des immigrants rendait possible le développement, et les compagnies offrirent des contrats à des milliers de personnes qui travaillaient plus dur, plus longtemps, pour moins cher, à des risques personnels plus grands que ceux qui les avaient précédés. Ils construisirent des chemins de fer à travers des chaînes de montagne et ils installèrent des fermes dans les plaines et les déserts.
En fait, ils travaillèrent jusqu'à ce qu'un gouvernement protectionniste accède aux demandes de groupes de travailleurs américains jaloux qui ne voulaient pas de concurrence. C'est le schéma classique dans l'histoire suivant lequel, une fois que les immigrés sont installés et confortables, ils cherchent des prétextes pour écarter les autres immigrants qui ont encore plus faim et sont encore plus actifs qu'eux.
La première de ces lois renversa cette ouverture américaine en faisant appel à un racisme flagrant et collectif. L'Acte d'Exclusion des Chinois de 1882 fut un document honteux dans un État-Nation qui, deux ans plus tard, fit graver au bas de la Statue de la Liberté,
Donnez-moi vos pauvres, vos fatigués,
Vos masses entassées qui ont soif de liberté,
Les gens rejetés de vos côtes surpeuplées,
Envoyez-moi les sans-abri, les ballottés par les tempêtes.
Près de la porte d'or, je lève mon flambeau au dessus de ma tête! [8]
Tout d'abord ils prirent pour cible les Chinois, ancêtres de ma femme, puis ce furent les Japonais, les Mormons, les Musulmans, et les Catholiques de l'Europe du Sud. Ils bannirent aussi les rebelles politiques. Ironiquement, on peut dire que ces lois contre les rebelles politiques auraient exclu tous les héros à l'origine de la Révolution américaine. C'était le collectivisme, dans toutes ses variations primitives, religieuses et ethniques.
L'embauche de main d'oeuvre immigrée par contrat de travail était interdite, les églises et les associations caritatives n'avaient même pas le droit de payer le passage de réfugiés au désespoir. Et puis il y eut les Juifs.
Les Juifs furent invités en Amérique par leurs cousins, qui se proposaient de les accueillir et de les aider à s'établir et gagner leur vie, ce qui leur aurait même donné la possibilité de combattre la machine de guerre d'Hitler, mais ils furent refoulés. Ils furent refoulés par millions vers les chambres à gaz d'Hitler par une loi, l'Acte sur les Origines Nationales, le système des quotas.
N'oublions pas que fermer la porte de l'intérieur d'un État-Prison a le même effet que de fermer la porte d'un État-Prison de l'extérieur. Dans les deux cas, on empêche l'évasion. Dans les deux cas on collabore avec les tyrans contre leurs victimes.
Cela continue aujourd'hui avec les Iraquiens, les Birmans, les Soudanais et les Nord-Coréens qui sont repoussés vers leurs États-Esclavagistes. Les Américains paient même une amende de 3 000$ pour le délit de secours aux réfugiés sauvés en mer et amenés au rivage [9]. Aussi difficile qu'il soit de l'admettre, nous n'avons pas progressé depuis l'époque effroyable où les esclaves en fuite étaient capturés et renvoyés de force vers les maîtres de leurs plantations.
Sally Jane Driscoll, autre collaboratrice de l'Institut Ayn Rand, rapporte cette terrible histoire américaine :
« Le 24 Mai 1854, Anthony Burns, un jeune Noir travaillant dans un magasin de vêtements à Boston, était arrêté pour s'être enfui loin d'un propriétaire d'esclaves de Richmond, en Virginie. En vertu de l'Acte sur les Esclaves Fugitifs de 1850, les autorités des États Libres étaient contraints par le gouvernement fédéral d'aider à reprendre les esclaves en fuite et à les renvoyer à leur servitude. Les Nordistes qui refusaient de collaborer risquaient de lourdes amendes et la prison....
Cinquante mille Bostoniens étaient dans la rue pour regarder alors qu'on emmenait Burns au bateau qui le reconduisait en Virginie. Il était escorté par la police de Boston, la Milice du Massachusetts et les Marines. Les troupes avaient ordre de tirer si nécessaire sur la foule sans avertissement. Au long de la route vers le port, beaucoup de Bostoniens qui protestaient furent blessés par les soldats.
Le peuple de Boston défendit Anthony Burns avec raison, mais tous leurs raisonnements juridiques, leurs appels pleins d'émotion, et leurs actions désespérées étaient sans effet. Il n'avait échappé à l'esclavage que pour être vendu par le gouvernement fédéral, au mépris du principe des droits de l'individu, le principe même pour la défense duquel notre gouvernement avait été institué ».
Combien de gens actuellement se diraient encore abolitionnistes ? Combien se joindraient à des manifestations de masse ou à des filières de sauvetage comme l'« Underground Railroad » au profit d'immigrants qui s'enfuient d'États-Esclavagistes ? En fait, il ne se passe rien.
Mlle Driscoll nous a rappelé que, alors que l'Histoire défile devant nous, nous serons jugés un jour par nos descendants selon que nous avons ou non fait avancer la cause de la liberté ou bien que nous y avons fait obstacle.
Je souhaite dire dans les termes les plus forts, enhardi par le courage et la force d'âme des immigrants à travers le monde et à travers l'Histoire, que nous ne devrions pas être en train de discuter sur les raisons de maintenir des gens sous le joug de la tyrannie. Nous ne devrions pas être en train de planifier et justifier rationnellement la limitation de l'immigration. Le monde est rempli de gens très éloquents et très puissants qui remplissent cette tâche depuis longtemps.
Prenons plutôt le parti des abolitionnistes d'il y a cent cinquante ans, ceux qui luttèrent contre des obstacles apparemment insurmontables, la peur, les préjugés, les habitudes et la loi, pour défendre la liberté. C'est une attitude réaliste, humanitaire, et, par-dessus tout, éthique. Prenons notre part aujourd'hui à cet élan vers la liberté. Défendons les millions d'immigrants qui cherchent cette liberté tout comme nous le ferions si nous étions à leur place.
Notes:
[1]
Ken Schoolland est Professeur Associé d'Économie et de Sciences Politiques
de l'Université du Pacifique d'Hawaï.
Il est membre du Conseil d'Administration de
l'« International Society for Individual Liberty » (I.S.I.L.).
Email : schoollak001@hawaii.rr.com.
[<-]
[2]
Simon, Julian,
Immigration: The Demographic and Economic Facts
,
The Cato Institute, Washington, D.C., 1995.
Une autre source excellente est
Population: The Ultimate Resource
,
publié par Barun Mitra, Président du
Liberty Institute,
New Delhi, 2000.
[<-]
[3]
Moore, Stephen, Why Welfare Pays
,
Wall Street Journal, September 28, 1995
[<-]
[4]
Center for Defense Information,
America's Defense Monitor, Washington, D.C.,
Les données citées dans le texte de cet article étaient extraits de leur film,
The Human Cost of America's Arms Sales
, Nov. 8, 1998.
[<-]
[5]
U.S. dealers dominating world arms market
,
Honolulu Advertiser, Apr. 17, 1994 and
Arms sales boom
, The Economist, Aug. 13, 1994.
[<-]
[6]
Patches of Light: Special Report on Agricultural Trade
,
The Economist, June 9, 2001
[<-]
[7]
On peut trouver une excellente présentation des différents arguments dans le
« Journal of Libertarian Studies », 13/2 (Été 1998).
Hans Hermann Hoppe présente sa thèse avec
The Case for Free Trade and Restricted Immigration
.
L'essai de Walter Block, A Libertarian Case for Free Immigration
,
est la meilleure défense de l'immigration ouverte que j'ai jamais vue.
Excellent également :
Hornberger, Jacob G., Locking Out the Immigrant
,
The Case for Free Trade and Open Immigration,
Future of Freedom Foundation,
Fairfax, Virginia, 1995.
[<-]
[8]
Le fragment de poème récité par Ken Schoolland, est la fin souvent reprise
d'un poème d'Emma Lazarus, "The New Colossus", qui est gravé
sur une plaque aux pieds de la Statue de la Liberté, à New York.
Il est l'épitome dans la culture populaire américaine
de l'idéal d'accueil et de bienvenue à tous les immigrants.
Ceci est une des traductions du fragment cité,
en rime mais sans rythme.
[Note du Traducteur]
[<-]
[9]
$24,000 cruise ship fine for rescuing 8 Cubans
,
Honolulu Advertiser, Oct. 22, 1993 et
Piracy done with fines
, Honolulu Advertiser, Nov. 6, 1993.
[<-]
Texte traduit de l'anglais par Gérard Dupuy relu par Diana Dupuy et François-René Rideau. Voir l'original en anglais sur Bastiat.net.