Théâtre:

Ménage de Pêter Nâdas
Entrée: 12 Eur / étudiant: 7,50 Eur

Réservations:
22 28 28 (Théâtre du Centaure)
55 88 26 (Kulturfabrik)

1 & 2 & 3 & 4 & 5 & 6 avril 2003

à 20 h
 
Comédiens:    
Marja-Leena Junker
Bach-Lan Lêbathi
Stéphane Moureaux 

Dramaturgie: Mani Muller
Scénographie: Jeanny Kratochwil
Lumière: Karim Saoudi
Son: Tom Gallé
Mise en scène: Carole Lorang

Péter Nádas est né à Budapest en 1942 dans une famille juive survivant dans
la clandestinité à la déportation grâce à de faux papiers.
Pour le théâtre il a écrit une trilogie: Rencontre, Ménage, Enterrement.
Ses pièces, toutes écrites au début des années 80, sont marquées par les
mécanismes dčoppression que lčauteur a subis sous le régime communiste
moribond.
Or si Nádas sčintéresse aux événements historiques et aux faits sociaux
cčest toujours du point de vue dčune expérience individuelle décuplée. Loin
de se replier sur lčanecdotique ou le nombrilisme Nádas part toujours de
récits à la première personne, de souvenirs, de rêves qui se croisent, se
recoupent, sčopposent. Et passant dčun reflet à lčautre, dčune identité à
une autre, il crée des rivalités et des liens entre ses personnages, dans un
univers caractérisé par la soumission et lčinstrumentalisation de
lčindividu. Parfois ses personnages redécouvrent en eux la force et lčespoir
qui pourraient tout changer...
Dans Ménage Nádas décrit des stratégies humaines diverses face au
totalitarisme: lčoubli de soi dans un rituel peu à peu vidé de son sens ou,
au contraire, la poursuite désespérée de soi dans une débauche de souvenirs
et de fantasmes, enfin le rejet quasi épidermique de lčimmobilisme.
La question que Nádas pose encore et encore est celle de la liberté
individuelle. La liberté  dčaller vers lčautre - lčautre être humain et le
monde autrement perçu - la liberté dčembrasser la vie, dčenrichir
lčexpérience en concevant son moi comme le point de départ dčune formidable
aventure toujours prête à nous emmener sur une terra incognita.
Plutôt que dčappeler de ses vŠux lčémergence dčune avidité égocentrique,
Nádas  voyait  la vraie chance de la liberté dans la volonté de refuser aux
idéologies le droit de réduire les administrés à lčétat dčinstruments
fonctionnant dans un système profitant à quelques privilégiés. Nádas montre
comment la monotonie dčun régime tue les émotions - et partant la réflexion
et la logique qui comme on sait dépendent du développement affectif.
Dans la pièce vide dčune grande maison se rencontrent trois personnages pour
nettoyer, frotter, ranger - remettre de lčordre. Mais quand ils commencent à
sčobserver, à se parler, à sčimiter, ils sčenfuient en réalité dans un monde
imaginaire où ils partagent les rêves de lčautre sans jamais le reconnaître
vraiment. Lčordre rétabli pour la nième fois sčavère être froid,
insuffisant, castrateur...
Je ne pouvais pas me libérer de cette pensée, cčest-à-dire que ce nčétait
pas une pensée, mais plutôt une image: Trois êtres humains, un jeune homme,
une jeune femme ainsi qučune vieille femme, après le ménage, avant
dčaccrocher de nouveau le grand rideau en mousseline vaporeuse. Ils jouent
au mariage avec le rideau. Comme les enfants. Dans cette situation, ils
deviennent des enfants méchants.
À partir de cette image Nádas a construit toute son Šuvre: Le rideau en
mousseline vaporeuse est la condition. La danse de la fiancée. La danse du
mariage. La danse de la mort.

Organisateur: Théâtre du Centaure



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