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04/29/2010 Entry: "Un nouveau Brokeback Mountain"
J'ai vu ce film vendredi soir dans une salle à Hambourg, à quelques rares sièges près complètement remplie d'un public masculin (je n'ai déniché qu'une seule femme dans l'audience) "mûr", c'est-à-dire guère de personnes en-dessous de la trentaine, bien au contraire... Il s'agit d'un film si peu hollywoodien que cela ne m'aurait nullement surpris si après un quart d'heure un tiers de la salle eût quitté les lieux... Lors de la projection de "Brokeback Mountain", un film partiellement comparable d'intensité mais aussi d'une certaine réserve et lenteur de développement ne correspondant pas au goût de l'actuelle génération droguée, gâtée et nourrie non au sein mais de "lait" pop sortant d'une bouteille de polyéthylène téréphtalate, j'ai dû intervenir énergiquement contre plusieurs femmes "émancipées" dérangeant la jouissance religieuse de ce film.
Tout au contraire, toute la salle durant les 93 minutes de la version allemande (version française : 91 minutes, version américaine : 90 minutes) a observé un silence total. Bravo à ce public! Qui plus est, manifestement sous l'immense impact de la fin du film et de l'image finale, sans doute unique dans l'histoire du cinéma, durant le long générique de fin, d'abord personne ne s'est levé, comme il se doit pour un public vrai amateur et connaisseur du Septième art, ensuite un petit nombre de personnes se sont levées pour ne pas rater le bus vers leur bled ou l'avion pour la disco à Tel Aviv ou New York, mais presque tous sont restés assis en silence, non seulement jusqu'à la fin du générique, mais plusieurs minutes au-delà, durant lesquelles l'écran ne montrait plus que le logo de la chaîne de cinémas. Ensuite ce public sympa a finalement et lentement quitté la salle, toujours dans un silence religieux et en méditation.
Enfin, je recommande ce film pour son honnêteté, pour montrer équitablement les pour et les contre de la vie sous l'orthodoxie religieuse (avis aux amateurs de discussions théologiques!), mais finalement aussi ses aboutissements qui ne sont pas plus une solution que celle des terroristes et leurs vierges (vie sur terre ou "vie" dans l'au-delà... ; vie et mort, deux concepts ou réalités que certaines religions établies, pour mieux nous dominer, se sont arrogées le "droit" au cours de l'histoire d'interpréter à la façon du novlangue, en anglais newspeak, décrit par George Orwell...). Le film montre la nécessité conjointe du sexe et de l'amour et la souffrance et la brutalité qu'engendrent l'hypocrisie et l'ignorance regagnant tant d'adeptes récemment, même dans des milieux se croyant ou se disant "libertaires"... Quant aux autres milieux conservateurs, je recommande au pape de s'enfermer tout nu (somme toute l'état original de la création et sans nul doute aussi celui au paradis auquel il compte entrer, à moins que ce paradis ne soit sponsorisé par le garment district de Manhattan) dans une chambre obscure et regarder ce film. Il pourra se faire tenir compagnie dans cela par plusieurs musulmans, mais par mesure de précaution je lui recommande que leur nombre reste inférieur à quatre...
Quelques liens utiles :
Sur "Brokeback Mountain" sur ce site:
En connexion avec le sujet et Jérusalem, voici un très grand texte en italien de Anna Lauwaert, avec citation d'un texte anglais bien moins grand... :